Clémentine Crochet Photographe ESPACES NOCTURNES Sans éclairage, l'espace n'existe pas [...]* mais sans éclairage le noir ne se voit pas. * Robert Wilson A
l'origine de mon travail j'éprouvais un réel intérêt pour la mise en
espace scénographique. Je recherchais des lieux ou la lumière mettait
en scène l'espace et créait une ambiguïté entre ce qui était vu et ce
qui était perçu. Mais au lieu de m'appuyer sur des espaces fictifs,
j'utilisais la nuit et la ville comme support. En réalisant mes prises
de vue, le plus souvent dans des extérieurs déserts où les lumières
artificielles transformaient l'espace, le découpaient, j'obtenais
progressivement de nouveaux lieux. L'apparition de la figure humaine
mise en scène de la manière la plus minimaliste, simplement là, sans
attitude, comme saisie dans un décor renforçait l'insondable. Aujourd'hui
le noir, est devenu masse, présence. Il efface, étouffe, cloisonne la
lumière mais c'est un noir que la nuit a du mal a révéler ; le noir,
pris comme élément primordial que je densifie dans mes compositions
pour souligner ce qui se dérobe ou s'absente. Je ne cherche pas à
représenter le monde mais je joue avec notre perception du réel.
J'utilise l'outil photographique comme une sorte d'extension du
visible. J'offre une vision « en négatif » à travers
la nuit, de l'individu, de la cité. Pour me réapproprier les
sites urbains, je soustrais la présence de l'urbain, construit une
sorte d'absence où individu et architecture se lient et révèlent leur
solitude, leur cloisonnement, leur univers comme une pensée privée de
lumière. Certaines
de mes photographies prises à Paris ou à New-York ont été composées à
partir de deux prises de vues différentes. Liées par l'obscur, elles ne
forment plus qu'une seule image. Espace inexistant, irréel mais
pourtant possible...
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